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Fondamentaux de la CDP

Loi Informatique et Libertés, RGPD, CCPA : données clients

Ce que le RGPD et la loi Informatique et Libertés exigent d'un système de données clients : base légale, délai d'un mois, traceurs, CNIL, plus la CCPA.

Kazuki Ohta Kazuki Ohta 26 min read

La loi Informatique et Libertés (loi n° 78-17 du 6 janvier 1978, modifiée) est le texte français qui encadre le traitement des données personnelles, et son article 1er dispose que les droits et obligations qu’elle définit « s’exercent dans le cadre du règlement (UE) 2016/679 », le RGPD (GDPR). Le RGPD et la loi Informatique et Libertés forment donc un cadre unique, et la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) en est « l’autorité de contrôle nationale » au sens de l’article 8 de la loi 78-17. La CNIL est une autorité administrative indépendante dotée de pouvoirs d’investigation et de sanction.

Ce cadre est l’un des 144 régimes nationaux recensés dans le monde : les réglementations sur la protection des données (data privacy regulations) couvrent environ 82 % de la population mondiale (IAPP, janvier 2025). Une entreprise française qui vend en Allemagne, aux États-Unis ou au Brésil répond à plusieurs de ces régimes en même temps. Cette page réunit plus de 60 de ces textes, région par région, avec la date d’entrée en vigueur, le périmètre et la sanction maximale, et se termine par ce qu’ils changent dans la collecte et l’activation.

La loi Informatique et Libertés et le RGPD en sept faits

  • La loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l’informatique, aux fichiers et aux libertés a été adaptée au RGPD par la loi du 20 juin 2018 et l’ordonnance du 12 décembre 2018
  • Son article 1er place les droits et obligations « dans le cadre du règlement (UE) 2016/679 » : un projet de conformité qui ne regarde que le RGPD laisse de côté la moitié de son cadre en France
  • La CNIL, Commission nationale de l’informatique et des libertés, est « l’autorité de contrôle nationale » au titre de l’article 8 de la loi 78-17, avec des pouvoirs d’investigation et de sanction
  • Le RGPD s’applique depuis le 25 mai 2018 dans les 27 États membres de l’Union européenne, plus l’Islande, le Liechtenstein et la Norvège
  • La sanction maximale du RGPD atteint 20 millions d’euros ou 4 % du chiffre d’affaires annuel mondial, selon le montant le plus élevé
  • Les régulateurs européens avaient prononcé plus de 5,8 milliards d’euros d’amendes cumulées au titre du RGPD en janvier 2025 (DLA Piper, 2025), dont 1,2 milliard d’euros contre Meta en mai 2023
  • Pour les cookies et autres traceurs, la CNIL a adopté ses lignes directrices modificatives et sa recommandation le 17 septembre 2020 (délibérations n° 2020-091 et n° 2020-092), avec une mise en conformité attendue « au plus tard fin mars 2021 »

Ce que ces textes exigent d’un système de données clients

Trois obligations décident de l’architecture d’un système de données clients en France : une base légale avant tout traitement, une réponse aux demandes d’exercice des droits dans le délai d’un mois, et le recueil du consentement aux traceurs selon les règles de la CNIL. Ces trois obligations se traduisent en champs, en journaux et en délais, pas en clauses de politique de confidentialité.

Une base légale avant le premier traitement

Le RGPD exige une base légale avant que le traitement ne commence ; le consentement en est une. Cette règle inverse la valeur par défaut à laquelle un outil marketing américain est habitué : aux États-Unis, la CCPA et les lois du modèle de la Virginie laissent traiter jusqu’à opposition du consommateur. Le RGPD interdit de traiter tant que la base légale n’est pas établie.

La conséquence est technique. Une même personne peut relever du consentement pour la publicité ciblée, d’une autre base légale pour la facturation, et de la règle d’opposition américaine si elle réside en Californie. Un champ booléen unique du type « a accepté » ne représente pas ces trois états : l’état du consentement se conserve par personne, par finalité et par juridiction.

Les demandes d’exercice des droits et le délai d’un mois

Le RGPD fixe un mois pour répondre à une demande d’accès ou d’effacement, prorogeable de deux mois pour les demandes complexes. Ce délai est court quand le même client existe sous quatre enregistrements dans quatre systèmes.

La résolution d’identité (identity resolution) ramène ces quatre enregistrements à un profil, et l’équipe data doit savoir où vivent les données à caractère personnel (PII) de chaque client avant la première demande, pas après. Construire l’inventaire des traitements le jour où la première demande arrive consomme plus que le mois disponible.

Les cookies et autres traceurs, dans les termes de la CNIL

La CNIL a adopté ses lignes directrices modificatives et sa recommandation « cookies et autres traceurs » le 17 septembre 2020, par les délibérations n° 2020-091 et n° 2020-092, et attendait la mise en conformité « au plus tard fin mars 2021 ». Le mot retenu par la CNIL est traceur, et il couvre le cookie comme les techniques équivalentes : le périmètre ne s’arrête pas au fichier déposé par un navigateur.

Le socle européen de cette matière est la directive ePrivacy 2002/58/CE, dont le volet consentement aux cookies date de sa modification de 2009 et dont les sanctions sont fixées par chaque État membre. Pour une direction marketing, le point de bascule est ailleurs : la fin des cookies tiers déplace la mesure et le ciblage vers le cookieless (suivi sans cookies) et vers la donnée collectée en direct, où le consentement est demandé une fois, dans un contexte que le client reconnaît.

Le DPO, la fonction qui porte la conformité

Le délégué à la protection des données (DPO) est la fonction à qui revient la conformité des traitements dans l’entreprise. Trois décisions d’un projet de données clients passent par le DPO : la base légale retenue, la durée de conservation des profils et le contenu du bandeau de consentement. La conformité d’une campagne se joue donc à la conception du formulaire et du segment, et non au moment de l’envoi.

Comment les grands régimes diffèrent en pratique

Les trois différences qui décident de ce qu’un système de conformité doit faire sont le modèle de consentement (opt-in ou opt-out), le délai de réponse aux personnes concernées et l’obligation de conserver les données dans le pays. Le tableau résume ces dimensions pour les régimes qui atteignent le plus souvent une opération de données clients.

Juridiction (texte)Modèle de consentementDélai de réponse (accès, effacement)Localisation des données imposée
France, UE et EEE (RGPD et loi Informatique et Libertés)Opt-in : base légale exigée avant le traitement1 mois, prorogeable de 2 mois pour les demandes complexesNon
Royaume-Uni (UK GDPR)Opt-in1 moisNon
États-Unis (CCPA/CPRA et lois du modèle de la Virginie)Opt-out pour la vente, la publicité ciblée et le profilage ; opt-in pour les mineurs et les données sensibles dans la plupart des États45 jours, en général prorogeables de 45 joursNon
Québec, Canada (Loi 25)Opt-in pour les données sensibles ; consentement requis par défaut30 joursNon
Brésil (LGPD)Opt-in : base légale exigée15 jours pour les demandes d’accèsNon
Chine (PIPL)Opt-in, avec un consentement distinct pour les transferts hors de ChineAucun délai fixé par la loiOui : évaluation de sécurité avant l’export, localisation pour les opérateurs critiques
Russie (152-FZ)Opt-in30 joursOui : les données des citoyens russes se stockent sur des serveurs situés en Russie
Viêt Nam (PDPD, puis loi PDP de 2026)Opt-in72 heures pour certaines demandesOui, pour certaines données et certains prestataires
Inde (DPDP Act)Opt-in, consentement « libre, spécifique et éclairé »À fixer par les DPDP RulesPas d’obligation générale, des règles sectorielles existent
Japon (APPI)Information préalable ; opt-out admis pour le partage avec des tiers, sous conditionsSans délai induNon

Pour qui construit le système, ces lignes se résument à une contrainte : « ne pas traiter tant que la personne n’a pas consenti » (RGPD, PIPL) et « traiter jusqu’à opposition » (lois des États américains) sont deux valeurs par défaut opposées, qu’un seul indicateur ne représente pas.

Les lois de protection des données personnelles en Europe

Le règlement général sur la protection des données (RGPD), règlement (UE) 2016/679, s’applique dans les 27 États membres de l’Union européenne, plus l’Islande, le Liechtenstein et la Norvège, et chaque État le complète par un texte national : en France, la loi Informatique et Libertés.

TexteJuridictionEn vigueur depuisQui est protégéSanction maximaleTexte de référence
Règlement général sur la protection des données (RGPD), règlement (UE) 2016/679Union européenne et EEE (30 pays)25 mai 2018Les personnes situées dans l’UE et l’EEE20 millions d’euros ou 4 % du chiffre d’affaires annuel mondialEUR-Lex
Loi Informatique et Libertés, loi n° 78-17 du 6 janvier 1978, modifiéeFrance6 janvier 1978, version adaptée au RGPD depuis 2018Les personnes dont les données sont traitées en FranceLes sanctions du RGPD ; la CNIL instruit et sanctionneCNIL
Lignes directrices modificatives et recommandation « cookies et autres traceurs », délibérations n° 2020-091 et n° 2020-092FranceAdoptées le 17 septembre 2020, conformité attendue fin mars 2021Les personnes dont le terminal reçoit un traceurPouvoirs de sanction de la CNILCNIL
Directive ePrivacy 2002/58/CE, à l’origine du consentement aux cookiesUnion européenne31 juillet 2002, volet cookies modifié en 2009Les utilisateurs de communications électroniquesFixée par chaque État membreEUR-Lex
UK GDPR et Data Protection Act 2018Royaume-Uni25 mai 2018, UK GDPR depuis le 1er janvier 2021Les résidents du Royaume-Uni17,5 millions de livres ou 4 % du chiffre d’affaires annuel mondiallegislation.gov.uk
nLPD, loi fédérale sur la protection des données du 25 septembre 2020 (autorité : le Préposé fédéral à la protection des données et à la transparence, PFPDT)Suisse1er septembre 2023, sans période transitoireLes personnes en Suisse250 000 francs suisses, prononcés contre les personnes responsablesFedlex
Loi fédérale n° 152-FZ sur les données personnellesRussie26 janvier 2007Les citoyens russes, avec localisation des données imposéeJusqu’à 3 % du chiffre d’affaires, plafonné à 500 millions de roubles, pour les violations répétées

Le RGPD atteint toute organisation, où qu’elle soit établie, qui cible des personnes dans l’Union européenne ou qui suit leur comportement. L’application n’a rien de théorique : les régulateurs européens avaient prononcé plus de 5,8 milliards d’euros d’amendes cumulées en janvier 2025 (DLA Piper GDPR Fines and Data Breach Survey, 2025). La plus lourde, 1,2 milliard d’euros contre Meta, a été prononcée en mai 2023 sur les transferts entre l’Union européenne et les États-Unis.

Comment une donnée personnelle peut-elle sortir de l’Union européenne ?

Une donnée personnelle ne sort de l’Union européenne que par un mécanisme reconnu : une décision d’adéquation, la certification au titre du cadre de protection des données UE-États-Unis (EU-U.S. Data Privacy Framework) ou des clauses contractuelles types. La Commission européenne accorde une décision d’adéquation aux pays dont elle juge la protection équivalente, dont le Royaume-Uni, le Japon, la Corée du Sud, l’Argentine, l’Uruguay et, depuis une décision réciproque du 26 janvier 2026, le Brésil.

Les entreprises américaines se certifient elles-mêmes au titre du cadre de protection des données UE-États-Unis, adopté en juillet 2023 après l’invalidation du mécanisme qui a valu son amende à Meta. Pour tous les autres pays, le transfert repose sur les clauses contractuelles types, un contrat standardisé, en général accompagné d’une analyse d’impact du transfert. La Chine impose la contrainte inverse : au titre de la PIPL, exporter des données personnelles hors de Chine suppose une évaluation de sécurité, un contrat type ou une certification.

Les lois fédérales américaines et canadiennes

Les États-Unis régulent la vie privée par secteur au niveau fédéral, pour l’enfance, la santé, la finance et l’éducation, tandis que le Canada dispose d’une loi fédérale unique pour le secteur privé, la PIPEDA.

TexteJuridictionEn vigueur depuisQui est protégéSanction maximaleTexte de référence
Children’s Online Privacy Protection Act (COPPA)États-Unis (fédéral)21 avril 2000Les enfants de moins de 13 ans50 000 $ US et plus par manquement, indexés chaque annéeFTC
Health Insurance Portability and Accountability Act (HIPAA)États-Unis (fédéral)1996, règle de confidentialité applicable au 14 avril 2003Les patients, pour les données de santé protégées1,5 million de dollars américains et plus par catégorie de manquement et par anHHS
Gramm-Leach-Bliley Act (GLBA)États-Unis (fédéral)12 novembre 1999Les clients des établissements financiers100 000 $ US par manquement pour les établissements, 10 000 $ US pour les personnesFTC
Family Educational Rights and Privacy Act (FERPA)États-Unis (fédéral)1974Les élèves et étudiants, pour les dossiers scolairesPerte des financements fédéraux de l’éducationED.gov
Personal Information Protection and Electronic Documents Act (PIPEDA)Canada (fédéral, secteur privé)1er janvier 2001, phase finale au 1er janvier 2004Les consommateurs canadiens dans une activité commerciale100 000 dollars canadiens par manquementOPC
Loi 25, Loi modernisant des dispositions législatives en matière de protection des renseignements personnels (autorité : la Commission d’accès à l’information, CAI)Québec, CanadaAdoptée en septembre 2021, en vigueur par étapes le 22 septembre 2022, le 22 septembre 2023 pour l’essentiel des dispositions et le 22 septembre 2024Les résidents du Québec25 millions de dollars canadiens ou 4 % du chiffre d’affaires mondialCAI

La PIPEDA repose sur dix principes d’information équitable, de la responsabilité de l’organisation à l’accès individuel aux données. Une entreprise française qui exporte vers le Canada relève de ces principes pour ses clients canadiens, alors même que son traitement reste soumis au RGPD en Europe. La Loi 25 québécoise va plus loin que la loi fédérale : ses sanctions à l’échelle du RGPD, 25 millions de dollars canadiens ou 4 % du chiffre d’affaires mondial, en font le texte le plus strict d’Amérique du Nord en dehors de la Californie.

Quels États américains ont une loi générale sur la vie privée ?

Vingt États américains ont adopté une loi générale de protection de la vie privée des consommateurs, et les vingt sont en vigueur en juillet 2026. La plupart suivent le modèle de la Virginie, avec des droits d’accès, de rectification, d’effacement et d’opposition à la vente, à la publicité ciblée et au profilage. La Californie reste la plus large, puisqu’elle couvre aussi les données des salariés et des contacts B2B, et le Maryland la plus stricte sur la minimisation.

L’applicabilité dépend de seuils, pas du siège de l’entreprise : la plupart de ces lois visent les entreprises qui traitent les données de 100 000 résidents ou plus, ou de 25 000 lorsqu’une part du revenu provient de la vente de données. Ce qui décide, c’est la base clients dans cet État.

TexteÉtatEn vigueur depuisSanction maximaleTexte de référence
California Consumer Privacy Act, modifié par la California Privacy Rights Act (CCPA/CPRA)Californie1er janvier 2020, modifications CPRA au 1er janvier 20232 500 $ US par manquement, 7 500 $ US s’il est intentionnel ou concerne des mineursCA AG
Virginia Consumer Data Protection Act (VCDPA)Virginie1er janvier 20237 500 $ US par manquementVirginia LIS
Colorado Privacy Act (CPA)Colorado1er juillet 202320 000 $ US par manquementCO General Assembly
Connecticut Data Privacy Act (CTDPA)Connecticut1er juillet 20235 000 $ US par manquement délibéréCT General Assembly
Utah Consumer Privacy Act (UCPA)Utah31 décembre 20237 500 $ US par manquementUtah Legislature
Texas Data Privacy and Security Act (TDPSA)Texas1er juillet 20247 500 $ US par manquement
Oregon Consumer Privacy Act (OCPA)Oregon1er juillet 20247 500 $ US par manquement
Florida Digital Bill of Rights (FDBR)Floride1er juillet 202450 000 $ US par manquement, triplés dans certains cas
Montana Consumer Data Privacy Act (MTCDPA)Montana1er octobre 2024Non précisée par la loi, application par le procureur général
Iowa Consumer Data Protection Act (ICDPA)Iowa1er janvier 20257 500 $ US par manquement
Delaware Personal Data Privacy Act (DPDPA)Delaware1er janvier 202510 000 $ US par manquement, par la loi sur la fraude au consommateur
Nebraska Data Privacy Act (NDPA)Nebraska1er janvier 20257 500 $ US par manquement
New Hampshire Privacy Act (SB 255)New Hampshire1er janvier 202510 000 $ US par manquement, par la loi de protection du consommateur
New Jersey Data Privacy Act (NJDPA)New Jersey15 janvier 202510 000 $ US au premier manquement, 20 000 $ US ensuite
Tennessee Information Privacy Act (TIPA)Tennessee1er juillet 20257 500 $ US par manquement, triplés s’il est délibéré
Minnesota Consumer Data Privacy Act (MCDPA)Minnesota31 juillet 20257 500 $ US par manquement
Maryland Online Data Privacy Act (MODPA)Maryland1er octobre 202510 000 $ US par manquement, 25 000 $ US en cas de récidive
Indiana Consumer Data Protection Act (INCDPA)Indiana1er janvier 20267 500 $ US par manquement
Kentucky Consumer Data Protection Act (KCDPA)Kentucky1er janvier 20267 500 $ US par manquement
Rhode Island Data Transparency and Privacy Protection Act (RIDTPPA)Rhode Island1er janvier 202610 000 $ US par manquement

La CCPA/CPRA vise les entreprises à but lucratif dont le chiffre d’affaires annuel dépasse 25 millions de dollars américains, ou qui traitent les données de 100 000 consommateurs ou foyers, ou qui tirent au moins la moitié de leur revenu de la vente ou du partage de données personnelles. La Californie a créé la California Privacy Protection Agency, seule autorité d’État consacrée à la vie privée ; dans les dix-neuf autres États, l’application revient au procureur général, et aucun n’ouvre au consommateur un recours direct au-delà de la disposition californienne sur les violations de données.

Les montants par manquement trompent lus isolément, parce que la sanction se multiplie par le nombre de consommateurs touchés : la transaction de Sephora avec le procureur général de Californie, en 2022, a porté sur 1,2 million de dollars américains pour une seule pratique de suivi. Ce tableau couvre les seules lois générales ; des lois d’État plus étroites atteignent également un système de données clients, à commencer par la My Health My Data Act de l’État de Washington, qui couvre les inférences de santé et ouvre un recours direct au consommateur.

Quelles lois de protection des données s’appliquent en Amérique latine ?

Toutes les grandes économies d’Amérique latine disposent aujourd’hui d’une loi nationale de protection des données, et la Lei Geral de Proteção de Dados (LGPD) brésilienne est la plus activement appliquée.

TexteJuridictionEn vigueur depuisQui est protégéSanction maximaleTexte de référence
Lei Geral de Proteção de Dados (LGPD), loi 13.709/2018Brésil18 septembre 2020, sanctions depuis le 1er août 2021Les personnes au Brésil50 millions de réais ou 2 % du chiffre d’affaires réalisé au Brésil, par infractionPlanalto
Loi 25.326 de protection des données personnellesArgentine4 octobre 2000Les personnes physiques et morales en ArgentineAmendes administratives fixées par l’AAIPAAIP
Loi fédérale de protection des données personnelles détenues par les particuliers (LFPDPPP)Mexique6 juillet 2010, remplacée par une nouvelle LFPDPPP le 21 mars 2025Les personnes au MexiqueJusqu’à 320 000 UMA, l’unité d’amende mexicaine indexée sur l’inflation
Loi n° 21.719 sur la protection des données personnellesChiliPubliée le 13 décembre 2024, pleinement en vigueur le 1er décembre 2026Les personnes au ChiliJusqu’à 20 000 UTM, environ 1,4 million de dollars américains, pour les manquements les plus graves
Loi 1581 de 2012 sur la protection des données personnellesColombie17 octobre 2012Les personnes en ColombieJusqu’à 2 000 salaires minimums mensuels, application par la SIC
Loi organique de protection des données personnelles (LOPDP)Équateur26 mai 2021, sanctions depuis mai 2023Les personnes en ÉquateurJusqu’à 1 % du volume d’affaires de l’exercice précédent
Loi 29733 de protection des données personnellesPérou2011, règlement d’application en 2013Les personnes au PérouJusqu’à 100 UIT, les unités fiscales péruviennes
Loi 18.331 de protection des données personnellesUruguay11 août 2008Les citoyens et les personnes morales en UruguayAmendes administratives, avec obligation d’enregistrer les bases de données

La LGPD reprend la structure du RGPD, avec des bases légales, des droits pour la personne concernée et une autorité nationale, l’ANPD, mais plafonne l’amende à 2 % du chiffre d’affaires réalisé au Brésil par infraction, dans la limite de 50 millions de réais. Le Brésil, l’Uruguay et l’Argentine bénéficient d’une reconnaissance d’adéquation de l’Union européenne, c’est-à-dire que la Commission européenne juge leur protection équivalente à celle du RGPD pour les transferts ; la décision sur le Brésil a été adoptée le 26 janvier 2026 et elle est réciproque.

Quelles lois de protection des données s’appliquent en Asie-Pacifique ?

L’Asie-Pacifique réunit les régimes les plus contrastés, des règles strictes de localisation de la PIPL chinoise au DPDP Act indien, centré sur le consentement et encore en cours de déploiement.

TexteJuridictionEn vigueur depuisQui est protégéSanction maximaleTexte de référence
Personal Information Protection Law (PIPL)Chine1er novembre 2021Les personnes en Chine50 millions de yuans ou 5 % du chiffre d’affaires de l’exercice précédent
Act on the Protection of Personal Information (APPI)Japon1er avril 2005, réforme majeure au 1er avril 2022Les personnes au Japon100 millions de yens pour une personne moralePPC
Personal Information Protection Act (PIPA)Corée du Sud30 septembre 2011, réforme majeure en septembre 2023Les personnes en Corée du SudJusqu’à 3 % du chiffre d’affaires concernéPIPC
Digital Personal Data Protection Act, 2023 (DPDP Act)IndeAdopté le 11 août 2023, application progressive par les DPDP Rules de 2025 à 2027Les personnes en Inde, les « data principals »250 crores de roupies, environ 30 millions de dollars américains, par manquementMeitY
Personal Data Protection Act 2012 (PDPA)Singapour2 juillet 2014Les personnes à Singapour1 million de dollars de Singapour ou 10 % du chiffre d’affaires annuel réalisé à SingapourSingapore Statutes
Privacy Act 1988, principes australiens de protection de la vie privéeAustralieDécembre 1988, sanctions relevées en décembre 2022Les personnes en Australie50 millions de dollars australiens, trois fois l’avantage retiré ou 30 % du chiffre d’affaires ajustéOAIC
Privacy Act 2020Nouvelle-Zélande1er décembre 2020Les personnes en Nouvelle-Zélande10 000 dollars néo-zélandais par infractionNZ Legislation
Personal Data Protection Act B.E. 2562 (PDPA)Thaïlande1er juin 2022Les personnes en Thaïlande5 millions de bahts d’amende administrative
Loi n° 27/2022 de protection des données personnelles (PDP Law)Indonésie17 octobre 2022, fin de la transition en octobre 2024Les personnes en Indonésie2 % du chiffre d’affaires annuel
Décret 13/2023 sur la protection des données personnelles (PDPD)Viêt Nam1er juillet 2023, la loi PDP suit au 1er janvier 2026Les personnes au Viêt NamAmendes administratives, jusqu’à 5 % du chiffre d’affaires sous la loi de 2026
Data Privacy Act of 2012 (RA 10173)Philippines8 septembre 2012Les personnes aux Philippines5 millions de pesos philippins et peine d’emprisonnement possibleNPC
Personal Data Protection Act 2010 (PDPA)Malaisie15 novembre 2013, modifiée en 2024Les personnes dans une transaction commerciale1 million de ringgits et peine d’emprisonnement possiblePDP Department

La PIPL est souvent présentée comme le RGPD chinois, mais elle va plus loin : elle impose une évaluation de sécurité pour les transferts hors de Chine et la localisation de certaines données, et le service de réservation de véhicules Didi a été sanctionné à ce titre en 2022 à hauteur de 8,026 milliards de yuans, soit environ 1,2 milliard de dollars américains. Le DPDP Act indien est le plus récent des grands régimes ; ses règles d’application ont été finalisées en 2025 et les obligations s’échelonnent jusqu’en 2027, si bien que les groupes internationaux construisent leur programme de conformité dès maintenant.

Quelles lois de protection des données s’appliquent au Moyen-Orient et en Afrique ?

La plupart des États du Golfe et les plus grandes économies africaines ont adopté depuis 2018 des lois de protection des données inspirées du RGPD, chacune avec son autorité nationale.

TexteJuridictionEn vigueur depuisQui est protégéSanction maximaleTexte de référence
Loi 5741-1981 de protection de la vie privée, amendement 13Israël1981, amendement 13 en vigueur le 14 août 2025Les personnes en IsraëlAmendes administratives au titre de l’amendement 13PPA
Loi n° 6698 sur la protection des données personnelles (KVKK)Turquie7 avril 2016Les personnes en TurquieAmendes administratives revalorisées chaque annéeKVKK
Personal Data Protection Law (PDPL)Arabie saoudite14 septembre 2023, fin du délai de grâce en septembre 2024Les personnes en Arabie saoudite5 millions de riyals saoudiens, doublés en cas de récidiveSDAIA
Décret-loi fédéral n° 45 de 2021 (PDPL)Émirats arabes unis2 janvier 2022Les personnes aux Émirats arabes unisÀ fixer par les règlements d’applicationGouvernement des Émirats arabes unis
Loi n° 13 de 2016 sur la protection de la vie privée des données personnellesQatar2017Les personnes au Qatar5 millions de riyals qatarisCompliance QCERT
Loi n° 30 de 2018 sur la protection des données personnelles (PDPL)Bahreïn1er août 2019Les personnes à Bahreïn20 000 dinars bahreïnis et sanctions pénales possibles
Protection of Personal Information Act (POPIA)Afrique du Sud1er juillet 2021Les personnes en Afrique du Sud10 millions de rands ou une peine d’emprisonnementInformation Regulator
Data Protection Act, 2019Kenya25 novembre 2019Les personnes au Kenya5 millions de shillings kényans ou 1 % du chiffre d’affaires annuelKenya Law
Nigeria Data Protection Act, 2023 (NDPA)Nigeria12 juin 2023, en remplacement du NDPR de 2019Les personnes au Nigeria10 millions de nairas ou 2 % du chiffre d’affaires annuel, selon le montant le plus élevéNDPC
Loi n° 151 de 2020 sur la protection des données personnellesÉgypteOctobre 2020Les personnes en ÉgypteJusqu’à 5 millions de livres égyptiennes et peine d’emprisonnement possible
Data Protection and Privacy Act, 2019Ouganda2019Les personnes en OugandaAmendes et peine d’emprisonnement possibleMinistère des TIC
Data Protection Act, 2017 (DPA)Maurice15 janvier 2018Les personnes à Maurice200 000 roupies mauriciennes et peine d’emprisonnement possibleData Protection Office

Ce que ces lois changent pour le marketing

Pour l’équipe marketing et l’équipe data, ces textes transforment le consentement, la finalité et la traçabilité en exigences du système, et la réponse durable est une stratégie de données first-party (first-party data) au consentement enregistré. La donnée collectée en direct auprès du client, avec un consentement clair et une finalité annoncée, fournit un point de départ licite dans toutes les juridictions de cette page, même si les obligations de conservation, de réponse aux droits et d’encadrement des transferts restent entières. Les données zero-party (zero-party data), que le client déclare lui-même dans une préférence de canal ou un questionnaire de profil, sont le cas le plus net, parce que la finalité est explicite au moment de la collecte. La donnée tierce offre rarement ce point de départ, et c’est l’une des raisons de la fin des cookies tiers.

Deux capacités décident du résultat. La gestion du consentement (consent management) enregistre ce que chaque client a accepté, par finalité et par canal, et applique cet enregistrement au moment de l’envoi, pas seulement au moment de la collecte. La gouvernance des données (data governance) répond aux questions que pose un contrôle : où vivent les données personnelles, qui peut y accéder, et l’entreprise sait-elle les effacer quand une personne exerce ce droit ?

En France, ces obligations se jouent sur des canaux précis. L’e-mail et le SMS portent la relation client, et l’opposition doit y être aussi simple que l’inscription. Le bandeau de consentement du site et de l’application décide quels traceurs se déclenchent, donc quelle part de l’audience remonte dans les outils de mesure. Les soldes d’hiver et d’été concentrent les créations de compte sur quelques jours : le formulaire, l’enregistrement du consentement et le lien de désinscription y sont mis à l’épreuve, et le DPO les vérifie avant la période plutôt que pendant.

La gestion du consentement et la gouvernance des données reposent sur la même condition : savoir où se trouve chaque enregistrement d’un client. Conformité et infrastructure de données convergent pour cette raison. Une plateforme de données client (CDP, pour customer data platform) qui unifie les profils en un seul endroit attache l’état du consentement à chaque profil et répond aux demandes d’accès et d’effacement dans le mois du RGPD, sans fouiller une douzaine de systèmes déconnectés. Le gain n’est pas seulement défensif : cette unification est aussi ce qui sert à activer la donnée dans les canaux sans recopier des données personnelles dans chaque outil.

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FAQ

Qu’est-ce que la loi Informatique et Libertés ?

La loi Informatique et Libertés est la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l’informatique, aux fichiers et aux libertés, le texte français qui encadre le traitement des données personnelles. La loi 78-17 a été adaptée au RGPD par la loi du 20 juin 2018 et l’ordonnance du 12 décembre 2018. Son article 1er précise que les droits et obligations qu’elle définit s’exercent dans le cadre du règlement (UE) 2016/679.

Quelle est la différence entre le RGPD et la loi Informatique et Libertés ?

Le RGPD est le règlement européen directement applicable dans les 27 États membres, et la loi Informatique et Libertés est le texte français qui l’accompagne et confie le contrôle à la CNIL. Le RGPD et la loi Informatique et Libertés forment un cadre unique : l’article 1er de la loi 78-17 place ses droits et obligations « dans le cadre du règlement (UE) 2016/679 ». Citer l’un sans l’autre laisse la moitié du dispositif de côté.

Quel est le rôle de la CNIL ?

La CNIL, Commission nationale de l’informatique et des libertés, est « l’autorité de contrôle nationale » au sens de l’article 8 de la loi n° 78-17. La CNIL est une autorité administrative indépendante dotée de pouvoirs d’investigation et de sanction, et elle publie les règles applicables aux cookies et autres traceurs. Une entreprise établie en France qui traite des données clients relève de la CNIL.

Quelles sanctions le RGPD prévoit-il ?

Le RGPD prévoit une amende maximale de 20 millions d’euros ou de 4 % du chiffre d’affaires annuel mondial, selon le montant le plus élevé. Les régulateurs européens avaient prononcé plus de 5,8 milliards d’euros d’amendes cumulées en janvier 2025, selon la DLA Piper GDPR Fines and Data Breach Survey. La plus lourde à ce jour atteint 1,2 milliard d’euros contre Meta, en mai 2023, sur les transferts entre l’Union européenne et les États-Unis.

Que demande la CNIL pour les cookies et autres traceurs ?

La CNIL a adopté ses lignes directrices modificatives et sa recommandation « cookies et autres traceurs » le 17 septembre 2020, par les délibérations n° 2020-091 et n° 2020-092, et attendait la mise en conformité « au plus tard fin mars 2021 ». Le mot retenu par la CNIL est « traceur », ce qui couvre le cookie comme les techniques équivalentes. Le socle européen reste la directive ePrivacy 2002/58/CE, dont les sanctions sont fixées par chaque État membre.

À quoi sert le DPO ?

Le DPO, délégué à la protection des données, est la fonction à qui revient la conformité des traitements de données personnelles dans l’entreprise. Sur un projet de données clients, le DPO arbitre la base légale du traitement, la durée de conservation des profils et le contenu du bandeau de consentement. L’équipe marketing qui prépare une campagne rencontre donc le DPO en amont de la collecte, et non au moment de l’envoi.

Combien de pays ont une loi sur la protection des données ?

En janvier 2025, 144 pays disposaient d’une loi nationale de protection des données, selon l’International Association of Privacy Professionals (IAPP). Ces lois couvrent environ 82 % de la population mondiale. La progression est rapide : le juriste Graham Greenleaf en recensait une quarantaine en 2000. Les zones encore sans texte se concentrent dans une partie de l’Afrique, en Asie centrale et dans le Pacifique.

Les États américains ont-ils leur propre loi sur la vie privée ?

Oui : vingt États américains ont une loi générale de protection de la vie privée des consommateurs en vigueur en juillet 2026, faute de loi fédérale équivalente. La Californie a ouvert la voie avec la CCPA en 2020 et reste le seul État doté d’une autorité dédiée, et le seul à couvrir les données des salariés et des contacts B2B. Les dix-neuf autres suivent un modèle proche, avec des droits d’accès, de rectification, d’effacement et d’opposition.

Cette page est une référence pédagogique, pas un conseil juridique : consultez un avocat pour toute décision de conformité.

Cet article est aussi disponible en : Data Privacy Laws by Country and U.S. State (2026) · 個人情報保護法と海外のデータ保護法一覧|罰則と2026年改正 · Lei Geral de Proteção de Dados: o que a LGPD exige · Ley de protección de datos personales: LFPDPPP

Kazuki Ohta
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Kazuki Ohta is Co-Founder & CEO of Treasure AI (formerly Treasure Data), which he co-founded in 2011. A co-developer of Fluentd, a CNCF graduated open-source project, he previously served as CTO of Preferred Infrastructure. Ohta graduated with honors in Computer Science from the University of Tokyo and conducted research in high-performance computing and large-scale data processing as a visiting researcher at Argonne National Laboratory. CDP.com is managed by Treasure AI as an educational resource.